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Pourquoi les programmes de développement échouent-ils en Afrique ? : « C’est parce que l’Afrique n’a pas voulu mettre en œuvre les compétences locales » (Abdoulaye Soumah)

Parmi les pays moins avancés au monde, l’Afrique se taille sans nul doute la part du lion. Cependant, c’est un continent où les programmes de développement n’en finissent pas. La question que bon nombre d’observateurs se posent de plus en plus, est celle de savoir pourquoi ces programmes échouent-ils ? Là-dessus, Abdoulaye Soumah semble trouver une réponse.

Enseignant chercheur dans les universités publiques guinéennes, directeur général du cabinet ingénierie, études et expertise, mais également doctorant sur les questions de politique économique dans les pays en développement à l’université Gaston Berger de Saint Louis, au Sénégal, notre interlocuteur s’est exprimé d’abord sur le cas guinéen : « L’élaboration du budget émane de l’autorité politique pour les grandes orientations de sa décision de gestion économique et sociale du pays. Aujourd’hui, l’idéal voudrait d’abord prédéfinir les différents projets à mettre en place avant de venir sur le volet budget. Donc, le budget programme doit être une alternative pour le pays pour pouvoir engranger les grandes orientations de son développement et d’une économie émergente », a-t-il martelé avant de poursuivre :

« En fait, ce qui se passe en Afrique, doit maintenant donner à réfléchir. Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, les grandes politiques qui ont été élaborées au nom de l’Afrique de manière globale ont échoué. Quand je prends par exemple le programme d’ajustement structurel qui a été mis en place dans les années 1980, pour beaucoup de pays africains, ce programme a échoué. Au lieu d’atteindre les objectifs qui étaient assignés, le programme avait causé d’énormes dérapages économiques et sociaux. En ce sens, au lieu de résoudre les problèmes de lutte contre la pauvreté, le programme a généré assez de pauvres à l’interne. Donc, ce programme avait échoué, on avait mis en place un autre programme pour les pays pauvres très endettés pour pouvoir alléger le fardeau de la dette pour ces derniers. Ce programme aussi a échoué. Après ce programme, celui qui a été mis en place récemment c’était le document de stratégie de réduction de la pauvreté. Pour beaucoup d’observateurs et d’économistes, ce programme aussi a échoué. Mais, tous ces programmes donnent aujourd’hui du questionnement au niveau interne et au niveau externe. Au niveau interne, les décideurs des différents pays ne veulent pas encaisser cette responsabilité pour dire que c’est eux qui n’ont pas été capables de mettre en œuvre tous ces programmes. Les bailleurs de fonds aussi au niveau externe disent que les programmes ont échoué parce que les mécanismes qui pouvaient leur permettre d’être mieux orientés par rapport à leur mise en œuvre n’ont pas été très bien respectés. Donc, aujourd’hui, il y a des responsabilités qui sont partagées. Mais de manière subtile, je dirai que ces programmes ont échoué parce que l’Afrique n’a pas voulu mettre en œuvre les compétences locales pour pouvoir élaborer les grands projets de développement et confronter les idées avec les experts qui viennent au nom des bailleurs de fonds. Donc, aujourd’hui l’alternative pour la réussite de tous les projets futurs pour les pays, si ces projets doivent venir des bailleurs de fonds, il faudrait que les pays à l’interne soient capables de mettre à la disposition des experts locaux capables de réfléchir sur les mêmes thématiques que les experts étrangers », a-t-il suggéré.

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Mohamed Lamine Souaré pour Siaminfos.com

 

 

 

 

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