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Quelles possibilités pour financer les activités essentielles de la transition en Guinée ? : ce qu’en dit Abdoulaye Soumah, enseignant chercheur et doctorant à l’université Gaston Berger

Depuis le 5 septembre 2021, la Guinée est engagée dans une transition qui doit prendre fin, en principe, en décembre 2024. Pour venir à bout de cette unième transition, le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), a élaboré un certain nombre de programmes. Parmi lesquels, figure l’organisation des différentes échéances électorales. En effet, la junte guinéenne sollicite auprès des partenaires techniques et financiers 600 millions de dollars pour financer les différents programmes établis. Dans une interview exclusive qu’il accordée à notre rédaction ce samedi, 16 septembre 2023, Abdoulaye Soumah s’est exprimé sur les possibilités dont dispose le pays pour financer les activités essentielles de la transition.

Enseignant chercheur dans les universités publiques guinéennes, directeur général du cabinet ingénierie, études et expertise, mais également doctorant à l’université Gaston Berger de Saint Louis au Sénégal, notre interlocuteur a tout d’abord levé un coin du voile sur l’histoire et la maturité de la Guinée dans l’organisation des échéances électorales : « En matière d’élections, je dirai que la Guinée est très mûre parce que les premières élections ont été organisées dans le pays le 15 janvier 1961. C’était l’élection qui a été organisée par le feu Ahmed Sékou Touré. Après son décès, la Guinée a commencé la première transition en 1984. Donc la première élection démocratique organisée en Guinée après le référendum de 1990, c’était en 1993. A ce moment, on pouvait dire que le pays n’était pas mieux organisé pour pouvoir comprendre toutes les composantes de l’organisation d’une élection. Mais en 1998 aussi, la Guinée a organisé la 2ème élection présidentielle qui nous a permis de comprendre les mesures fondamentales pour pouvoir financer élections surtout que c’était la deuxième expérience. Qu’à cela ne tienne, la Guinée a encore organisé une troisième élection présidentielle en 2003. Après cette date, la Guinée a organisé l’élection présidentielle en 2010, puis en 2015 et ensuite en 2020. En résumé, la Guinée est immensément riche pour l’organisation des élections. Au début, en 1993, la Guinée n’était pas mûre parce que c’était le concours de beaucoup d’acteurs internes et externes. Mais aujourd’hui, la Guinée est mieux placée pour pouvoir donner un certain nombre de règles pour le fonctionnement et l’organisation des élections. A mon humble avis, les conditions sont bien réunies pour organiser les élections de manière transparente et crédible en Guinée », nous-a-t-il confié.

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Par ailleurs, le doctorant a laissé entendre que le pays dispose aujourd’hui de possibilités pour financer les activités essentielles de cette transition dirigée par le CNRD. A l’en croire, la Guinée doit s’appuyer sur quatre (4) leviers principaux : « La Guinée a beaucoup de possibilités aujourd’hui pour financer les activités essentielles de cette transition. A ce niveau, la Guinée dispose de quatre (4) leviers principaux qui doivent donner au pays une possibilité de rendre les finances publiques viables. L’histoire des transitions précédentes, une fois que la Guinée sort de la transition, l’économie met au moins 3 ans avant de revenir sur son chantier normal. Les coutumes internationales voudraient que quand une élection est organisée par un pays à la sortie de la transition, que l’économie puisse se reprendre de manière automatique. Il y a un certain nombre de facteurs qui donnent la possibilité à l’État de tirer les investissements directs étrangers dans certains secteurs tels que l’énergie, les mines, les infrastructures. Souvent, les possibilités sont données à ces pays. Les leviers dont dispose la Guinée aujourd’hui pour pouvoir financer les activités essentielles de la transition sont à explorer et peuvent donner une grande opportunité au pays à la sortie de la transition, pour que nos finances publiques soient toujours viables », a-t-il conclu.

 

Mohamed Lamine Souaré pour Siaminfos.com

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