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Violences politiques en Guinée : La DSV-BI publie les résultats d’identification et de catégorisation des victimes de 2018 et 2020

La Démocratie Sans Violence-La Baïonnette Intelligente (DSV-BI) en collaboration avec la Plateforme Nationale des Jeunes leaders de l’axe pour la Démocratie et le Développement (PNJDD) a procédé ce jeudi, 16 novembre 2023 à la publication des résultats d’identification et de catégorisation des victimes des violences politiques de 2018 et 2020, en Guinée. Cette cérémonie s’est déroulée en présence du représentant et chef du bureau de l’ONU droits de l’homme en Guinée, du point focal des droits de l’homme au ministère de la Défense, les défenseurs des droits de l’homme et des victimes des violences en Guinée.

Dre Aminata Germaire de la DSV-BI explique d’où est partie cette idée d’identification et de catégorisation des victimes des violences politiques et le bien-fondé de cette action.

« La Démocratie Sans Violence, c’est un programme Guinéo-allemand qui s’occupe de la promotion d’une démocratie moins violente en Guinée, donc plus pacifique. Malgré que ce n’est pas son expertise, on sait que le pays a traversé beaucoup de turbulences dans les années passées, ça continue d’ailleurs, mais à un moment donné ces turbulences étaient très insupportables et les gens qui sont victimes disparaissent comme ça, il n’y a pas une description de leur situation. C’est là qu’on a pris l’initiative d’identifier ces gens qui ont été victimes de toutes ces violations politiques en Guinée pendant la période de 2018 et de 2020. Ce travail a été fait dans tout le pays. C’est une identification, mais une catégorisation aussi de ces victimes à savoir les gens qui sont morts par balles, des viols, les blessés etc. », a-t-elle fait savoir.

Selon le coordinateur de la plateforme PNJDD, le document en question est le résultat d’un travail d’équipe qui a sillonné et rencontré les victimes dans toutes les localités qui ont connu des violences politiques lors des dernières élections en Guinée. Kabinet Yansané livre le contenu de ce document d’identification des victimes en catégories.

« Il [le document] contient des victimes des violences des élections communales et communautaires de 2018, les élections législatives, référendaires et présidentielles de 2020. Ces victimes ont été identifiées et catégorisées en : 164 morts dont 107 par balles, 599 blessés dont 198 par balles, 1932 victimes de dégâts matériels, 740 victimes d’arrestations et déportations souvent arbitraires et 2 victimes de viols ; soit un total de 3437 victimes pour les cinq catégories identifiées », a-t-il laissé entendre.

Présente en Guinée, Michael Barquet, chargée des programmes de la Démocratie Sans Violence en Allemagne a salué les efforts consentis par le bureau local de l’organisation en Guinée pour l’identification et la catégorisation de ces victimes des violences et promet de transmettre le document au niveau international et au gouvernement allemand.

« Je suis très heureuse d’avoir participé à cette publication de cette liste incroyable de victimes. C’est un travail très important que l’équipe a fait. Je vais transmettre ça en Allemagne non seulement au sein de notre organisation, mais aussi au ministère de la coopération et du développement qui sont très intéressés à ça et aussi aux organisations de défense des droits humains. Et je pense que ça, c’est un très grand progrès », a-t-elle indiqué.

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Après avoir exprimé sa reconnaissance envers le réseau Démocratie Sans Violence pour son engagement indéfectible en faveur de la démocratie, des droits de l’homme et de la paix en Guinée, Aimé Kakolo Ntumba, représentant et chef du bureau de l’ONU droits de l’homme en Guinée a exhorté les initiateurs à vulgariser ce document d’identification et de catégorisation afin que le but visé qu’est celui de rendre justice aux victimes soit atteint.

« Votre travail a été essentiel dans la collecte et l’analyse des données qui ont permis l’élaboration de ce document crucial. La situation des droits de l’homme en Guinée a été une préoccupation constante pour les guinéens et il est essentiel de reconnaître et d’aborder les violations qui ont eu lieu au cours de ces périodes difficiles. Aujourd’hui, vous avez franchi une étape importante en rendant public ce document qui représente une étude exhaustive des victimes de violences politiques survenues en 2018 et 2020. La Baïonnette Intelligente que vous lancez aujourd’hui ne devrait pas seulement être un recueil des faits, mais plutôt un appel à l’action et à la justice. Elle représente les voix de ceux qui ont été affectés par les violences politiques mettant en lumière les défis qu’ils ont dû surmonter. Elle nous rappelle que la protection des droits de l’homme et la promotion de la démocratie sont des objectifs communs qui nécessitent la collaboration de tous. Ce document ne devrait pas seulement être une liste des noms mais plutôt une manifestation tangible de votre engagement envers la vérité, la justice et la reconstruction », a-t-il lancé.

Prenant part à cette cérémonie, Alseiny Sall, chargé de communication de l’OGDH a recommandé au réseau de la Démocratie Sans Violence-La Baïonnette intelligente à « faire en sorte que ce document soit transmis en bonne et du forme au ministre de la justice pour qu’il prenne connaissance du document et pour que ce document soit aussi partagé avec les différentes juridictions en charge d’instruire les dossiers des violations qui ont été commises ces dernières années », a-t-il invité.

Cette rencontre a été aussi marquée par des témoignages touchants de quelques victimes et parents de victimes qui ont subi des violences lors des dernières échéances électorales.

 

Abdourahmane Pilimini Diallo pour siaminfos.com

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