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Boké: immersion dans le quotidien des handicapés physiques de Tamaranssy qui disent être le cadet des soucis de l’État

Les personnes handicapées de Boké sont confrontées à d’énormes difficultés pour leur épanouissement et leur intégration au sein de la société. Malgré leur détermination à surmonter leur handicap, ces personnes à mobilité réduite disent être abandonnées par l’Etat. Au-delà de cette situation qu’ils jugent déplorable, le seul centre dont ils disposent n’est pas équipé.

Au sommet de la colline de Tamaranssy, quartier périphérique de la commune, se trouve le centre qui accueille les personnes en situation de handicap dans la ville de Boké. Construit en 2021, aujourd’hui ce centre n’est que l’ombre de lui-même. Pas de courant, et encore moins d’équipements adéquats.

« Notre centre est vide depuis sa création en 2021. Aller voir à l’intérieur, vous ne verrez aucun équipement. Nous sommes vraiment inquiets par rapport à cette situation. Y a rien, pas de courant, ni de chaises, encore moins de meubles. Nous sommes abandonnés à notre triste sort par les sociétés minières présentes ici, ainsi que le gouvernement », déplore Ayoub Derdiche, vice-président de l’association.

Rejoindre le siège reste une autre préoccupation pour les membres de l’association. Ce, à cause de l’éloignement puisqu’il faut débourser un montant de 20 000 francs. Ce qui fait que peu d’entre eux parviennent à se déplacer pour assister aux différentes réunions, ajoute la présidente des femmes handicapées de Boké.

« Nous n’avons pas de moyens, même ceux qui veulent venir assister à nos rencontres ne peuvent pas parce qu’il faut payer 20 000 Gnf. Mamadi Doumbouya doit nous faire face afin de nous aider. Nous n’avons pas choisi d’être handicapés, c’est Dieu qui l’a voulu. Au lieu de mendier dans la rue, on a préféré s’organiser ici en association afin qu’on s’entraide tous. Malheureusement, nous n’avons pas de soutien », s’indigne Mariam Camara.

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Au-delà de cette situation jugée lamentable, à Boké, les personnes invalides sont victimes de discrimination, selon Souleymane Bah, président de la structure.

« Il n’y a aucune infrastructure publique disposant d’une rampe pour faciliter l’accès des handicapés. Ça veut dire que nous sommes le cadet des soucieux des décideurs, rien n’est prévu pour nous. Nous sommes stigmatisés partout, même dans les hôpitaux. Chose que je déplore et qui doit être bannie de la société » , s’est il insurgé.

Abandonnés à leur propre sort, ces habitants tentent tant bien que mal de survivre à travers la mise en place d’une briqueterie moderne qui peut produire une centaine de briques par jour. Des briques fabriquées à base de latérite et du ciment. Mais par manque de courant et de matière première, ils se voient bloqués dans leur élan.

 

Boké, Bailo Bah pour Siaminfos.com.

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