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L’ex DG de la Sotelgui révèle : « A l’arrêt de la Sotelgui en 2012, l’État nous devait 57 milliards des frais de consommation…»

L’épisode de la fermeture de la Sotelgui est loin de finir de révéler ses secrets. A l’occasion de sa déposition mercredi, 31 mai 2023 devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) à titre de témoin, l’ancien Directeur général de la Sotelgui s’est exprimé sur les créances que l’État devait à la société.

A en croire Moussa Keïta, l’État guinéen devait une forte somme à la Sotelgui, des frais de consommation des hautes personnalités de l’administration. Ce qui, selon lui, a mis à terre la société jusqu’à ce qu’elle a été fermée par l’État lui-même qui lui doit.

« A l’arrêt de Sotelgui en 2012, l’État devait 57 milliards des frais de consommation à la Sotelgui. Et cela, à compter seulement de 2006. C’est une entreprise publique. Elle a subi [les conséquences] des changements politiques. La Sotelgui en a beaucoup subi avec les changements politiques qui sont intervenus de 2008 jusqu’en 2010. Je ne rentre pas dans les détails sur ce que chacun faisait quand il est arrivé au pouvoir. Tout ce que je sais, quand vous avez un numéro Orange, vous appelez par exemple Cellcom, à la fin du mois, Orange lui paiera 270 francs par minute. C’est ce qu’on appelle les frais d’interconnexion. Quand vous recevez un appel de Paris par exemple, le numéro sur lequel vous avez reçu l’appel va payer quelque chose à l’origine de l’appel. Sotelgui était donc confronté à cela. Quand vous donnez le téléphone à un ministre, il émet un appel, à la fin du mois, c’est nous qui payons à la place pour les appels d’interconnexion. Au fur et en mesure, on voyait que les gens utilisaient beaucoup. Et en retour, l’État qui a en charge de supporter les frais de consommation de ses mandants ne fait absolument rien », a-t-il expliqué.

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Alors que certains parlent de mauvaise gestion qui aurait amené la faillite de la Sotelgui, Moussa Keïta dément catégoriquement. Pour lui, c’est un prétexte que l’ex ministre Oyé Guilavogui et son équipe du ministère des Postes et Télécommunications ont utilisé à l’époque pour l’éjecter, afin de s’accaparer de sa gestion. Pour preuve, dit-il, c’est l’ex ministre Oyé Guilavogui qui avait présidé le Comité de gestion de la Sotelgui qui avait été mis en place après son départ.

« Quand j’entends que c’est mauvaise gestion qui a occasionné l’arrêt de la Sotelgui, ça me surprend. C’est la première fois que je vois le débiteur venir fermer la porte du créancier. L’État qui doit 57 milliards dit à la Sotelgui mauvaise gestion et il vient fermer la porte. (…) Quand on dit mauvaise gestion, ça concerne normalement moi le directeur général. Alors, qu’on envoie des inspecteurs pour inspecter ma gestion. C’est ce qui fut fait en 2013, mais qu’est-ce qui en est sorti ? Rien. Donc ce qui veut dire que ça a été intentionnellement fait et pour des causes que chacun peut s’imaginer la suite », a-t-il déclaré.

 

Abdourahmane Pilimini Diallo pour siaminfos.com

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