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TPI de N’zérékoré : neuf des 11 personnes interpellées pour mutilation génitale féminine condamnées à 12 mois de prison avec sursis

Le tribunal correctionnel de N’zérékoré a statué jeudi, 10 août 2023 sur le cas des personnes interpellées pour mutilation génitale féminine. Au nombre de 11, elles ont été mises aux arrêts le 03 août dernier dans la préfecture de N’zérékoré pour avoir commandité et exécuté les pratiques de mutilation génitale féminine sur plusieurs filles. Poursuivis par Madame Kokoulo Zogbélémou, responsable d’une organisation de défense des droits des femmes, ces prévenus sont passés à la barre à tour de rôle pour expliquer au tribunal les faits reprochés.

Dans un réquisitoire sans appel, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de N’zérékoré a demandé au tribunal une peine exemplaire contre ces personnes afin de dissuader d’éventuelles velléités de cette pratique dans la localité. En outre, il sollicite l’acquittement pur et simple de Gnémé Galé et Gadey Mamy pour délits non constitués.

Premier dossier de cette première audience correctionnelle du mois d’août 2023, il a fallu attendre les environs de 18 heures pour connaître la décision du tribunal.


« Statuant publiquement contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort après en avoir délibéré sur l’action publique, renvoie des fins de la poursuite Gnémé Galé et Gadey Mamy pour délit non constitué à leur égard. Requalifie les faits de mutilation génitale féminine reprochés aux nommés Éliane Haba, Fassou Lamah, Toh Sény Haba, Sébastien Haba, Richard Kolié, et Thomas Zogbélémou en complicité et les déclare coupables dudit délit. Déclare en outre les nommés, Gomah Synlé et Gnépou Synlé, coupables du délit de mutilation génitale féminine à eux reproché. En répression, les condamne à douze mois d’emprisonnement assortis de sursis et au paiement de 500 000 francs guinéens d’amende chacun. Sur l’action civile, en la forme reçoit Mme Kokoulo Zogbélémou en sa constitution de partie civile au fond du bien-fondé constate qu’elle n’a sollicité aucune réparation pécuniaire en termes de dommage et intérêt et lui en donne acte, la déboute par contre du surplus de ses prétentions met les et dépend à la charge des condamnés, le tout en application des dispositions des articles 258, 19, 135, 136, 17 du code pénal 4, 486, 537, 544, 546 du code de procédure pénale et 594 du code de l’enfant. Telle est la décision du tribunal dans cette affaire », a déclaré Mamadou Saliou Diakité, Président du tribunal de première instance de N’zérékoré.

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Éradiquer toute forme de violences basées sur le genre dans la région, c’est la motivation du ministère public et de la partie civile contre ces individus. Pour la première fois dans la préfecture de N’zérékoré, des exciseuses et autorités coutumières parmi lesquelles le président des guérisseurs traditionnels de la préfecture sont trimbalés devant le tribunal. La tenue de ce procès matérialise la volonté de l’État guinéen à honorer ses engagements vis-à-vis des conventions et traités internationaux auxquels il a souscrit et ratifié de manière souveraine.

 

N’zérékoré, Lanceï Naboun pour Siaminfos.com

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